En bref :
- ⚡ Le débat sur la féminisation des noms de métiers, et en particulier d’« auteur », anime depuis plusieurs décennies le monde de la langue française.
- 📝 « Autrice » possède une racine historique très ancienne, tandis que « auteure » est un néologisme plus récent favorisé notamment au Québec.
- 📚 Plusieurs grands dictionnaires et institutions linguistiques affichent des positions divergentes, sans qu’un consensus absolu ne soit encore établi.
- 🎯 Le choix entre « auteure », « autrice » et « écrivaine » revient aujourd’hui à chaque femme, selon ses préférences et contextes.
auteure, autrice, ou écrivaine : un voyage historique au cœur de la langue française
Il est fascinant de constater que certains métiers, longtemps considérés comme masculins dans la langue, ont seulement récemment vu leur féminisation reconnue officiellement. Écrivains et surtout auteurs ont longtemps résisté à cette évolution. En 2019, l’Académie française a finalement donné son feu vert, acceptant la féminisation comme une réalité incontournable dans la société.
Cette évolution soulève toutefois une question essentielle : entre « auteure », « autrice », ou encore « écrivaine », quel terme choisir pleinement ?

pourquoi « auteuse » demeure un non-sens linguistique dans la féminisation
Dans la langue française, les noms en « eur », lorsqu’ils sont liés à un verbe, prennent habituellement la terminaison « euse » au féminin. Par exemple :
- 🎤 chanter → chanteur → chanteuse
- 🛍️ vendre → vendeur → vendeuse
- 💇 coiffer → coiffeur → coiffeuse
Or, le verbe « auter » n’existe pas, ce qui rend la forme « auteuse » linguistiquement infondée et considérée comme un barbarisme. Cette règle grammaticale explique pourquoi ce terme n’a jamais pu s’imposer, même parmi les puristes.
l’autrice : une féminisation fidèle à la tradition et à la logique grammaticale
Le féminin des noms en « eur » non dérivés directement d’un verbe se forme généralement en « trice » :
- 🎭 acteur → actrice
- 🏫 instituteur → institutrice
- 📖 lecteur → lectrice
Suivant cette logique, « autrice » s’inscrit donc dans la continuité d’une tradition datant du Moyen Âge et bénéficie d’une élégance historique retrouvée. Ce choix est d’ailleurs préféré par l’Académie française, qui souligne son authenticité et sa spécificité. On note également que ce terme a la particularité d’englober le féminin de manière inclusive, en s’adressant aussi aux lectrices.
l’émergence d’« auteure » : un néologisme valorisé par le français québécois
Le féminin « auteure » a vu le jour dès les années 1970 au Canada, où la langue évolue souvent plus rapidement en matière de féminisation. Introduit par les linguistes québécois, ce terme est devenu un usage courant outre-Atlantique. Son adoption progressive en France est aussi favorisée par sa sonorité plus douce et mélodieuse comparée à l’âpreté ressentie parfois avec « autrice ».
Face à cette popularité grandissante, l’Académie française a finalement choisi de ne pas interdire « auteure », reconnaissant que l’usage majoritaire influe grandement sur la légitimité des formes.

panorama des usages actuels dans les médias et dictionnaires
Le débat ne cesse d’alimenter la presse et les milieux linguistiques. Par exemple :
- 📰 Le Monde privilégie « auteure »
- 🗞️ Le Parisien soutient « autrice »
- 📚 Larousse penche pour « auteure »
- 📖 Le Robert adopte « autrice »
- 🏛️ L’Académie française continue de proposer la forme masculine en donnant « une femme auteur » comme exemple, sans imposer encore de préférence stricte.
| Institution | Préférence linguistique | Caractéristique |
|---|---|---|
| Académie française | Autrice (préférée), mais accepte aussi auteure | Racines historiques médiévales, authenticité |
| Le Monde | Auteure | Usage dominant, sonorité mélodieuse |
| Le Parisien | Autrice | Tradition grammaticalement fondée |
| Larousse | Auteure | Néologisme adopté progressiste |
| Le Robert | Autrice | Favorise la tradition linguistique |
comment s’y retrouver dans la multiplicité des choix ?
Face à cette diversité, plusieurs pistes peuvent aider à choisir entre « auteure », « autrice » et « écrivaine » :
- 🎯 Préférer « auteure » si l’on valorise une sonorité douce et une forme admise de façon croissante dans les milieux francophones du monde.
- 🛡️ Opter pour « autrice » pour défendre une forme historique authentique et un enracinement médiéval dans la langue.
- 📚 Choisir « écrivaine » pour une féminisation simple, compréhensible et neutre, parfois utilisée comme terme alternatif.
- 🎤 Se laisser porter par son ressenti personnel et ses habitudes de lecture, la langue évoluant aussi par les usages.
un enjeu qui dépasse la simple langue
Ce débat n’est pas seulement une bataille linguistique, mais incarne aussi un combat plus large sur la visibilité et la reconnaissance des femmes dans des sphères historiquement masculines. Le terme choisi donne à lire, à entendre et à penser l’image des femmes dans la culture, la littérature et le monde intellectuel.

lexique des formes féminines d’auteur
| Forme | Origine | Acceptation | Approximation historique |
|---|---|---|---|
| Autrice | Renaissance / Moyen Âge | Préférée par l’Académie française | Féminin « trice » des noms en -eur |
| Auteure | XXe siècle, Québec | Usage courant, admis en France | Néologisme basé sur la terminaison « eure » |
| Auteuse | — | Non reconnue, considered barbarisme | Formation erronée (pas de verbe « auter ») |
| Écrivaine | Usage moderne | Terme alternatif apprécié | Simple féminisation de « écrivain » |
| Terme ↕ | Origine ↕ | Acceptation ↕ | Usage ↕ |
|---|
Quelle est la différence essentielle entre auteure et autrice ?
Autrice est une forme féminine traditionnelle fondée sur la morphologie médiévale, préférée par l’Académie française, tandis qu’auteure est un néologisme québécois désormais accepté par le public francophone.
Pourquoi ne dit-on pas « auteuse » ?
Parce que cette forme s’appuie sur une racine verbale inexistante, car il n’existe pas de verbe « auter »; en français, les noms en « eur » dérivés de verbes se féminisent en « euse », ce qui ne s’applique pas ici.
Est-ce que les dictionnaires français reconnaissent ces formes féminines ?
Oui, mais avec des préférences différentes : Larousse favorise « auteure », Le Robert et Le Parisien préfèrent « autrice », et l’Académie française admet les deux en soulignant l’application historique d’« autrice ».
Quelle forme choisir pour un usage personnel ?
Il n’existe pas de règle absolue : le langage évolue par l’usage. Vous pouvez choisir celle qui correspond le mieux à votre ressenti et à votre public.
Le choix du terme a-t-il un impact socioculturel ?
Oui, car la féminisation des noms de métiers affirme la visibilité des femmes dans des domaines autrefois masculins, participant à la reconnaissance de leur rôle dans la société.

















